14 octobre 2008
Le sentier du Rorota.
Sur la commune de Montjoly, nous voilà partis pour le sentier du ROROTA.Le mot Rorota viendrait "d'eurotas", (=rivière grecque) nom donné par les jésuites à un petit cours d'eau qui s'écoule au sommet du Mahury (=colline).
Dès qu'on commence le sentier, le ton est donné > forêt !

La flore luxuriante nous fait une nouvelle démonstration de sa splendeur avec ces bractées de balisiers.
On remarquera aussi le travail de la petite faune : les insectes. Il y a en métropole pas moins de 35 300 espèces d'insectes.... contre 140 000 en Guyane ! Et encore, il ne s'agit là que d'une estimation.
On parle ici que du nombre des espèces, on ne parle pas de concentration d'insecte au mètre carré...

Arrivés en haut du sentier, une vue imprenable du littoral, des plages de Remire-Montjoly nous attend.
Tout le long du parcours, on a la chance de faire quelques rencontres. Ca commence avec ce lézard.

Un saïmiri, ou singe écureuil. C'est un singe qui n'est pas du tout agressif, il est curieux, sans cesse en mouvement.
Les femelles sont normalement dominantes dans le groupe (10 à 80-100 individus). Cette espèce de singe est l'animal au plus grand cerveau par rapport à sa taille. Le singe écureuil est le premier animal (avant l'homme) à avoir voyagé dans l'espace.

C'est là qu'on se rend compte combien des bambous ça peut être grand !
Le bambou se rencontre régulièrement en Guyane, et pourtant la reproduction sexuée de cette graminée par floraison puis graine est très rare : tous les 20, 30 voir 100 ans. Cette floraison inopinée et soudaine est une énigme pour les botanistes, elle provoque d'ailleurs la mort de toute la bambouseraie par épuisement du système végétal. Les "chaumes" (=tronc du bambou) ont des utilisations innombrables dans le monde entier : meubles, habitations, échafaudages, vaisselle, pâte à papier, gouttières, embarcations...
Nous continuons notre exploration : le papayer.
Cet arbre peut monter à 6 mètres de hauteur, il se remarque par son tronc marqué de losanges, stigmates des anciennes feuilles. Les fruits poussent à même le tronc (=cauliflorie).
La papaye se consomme rapé, en salade, lorsqu'elle est encore verte. Mûre, elle devient jaune et sa pulpe orangée et sucrée se déguste avec un filet de citron vert.
La croissance du papayer est exceptionnelle (on en a fait l'expérience dans le jardin !!), si la terre est fertile, seulement 6 mois séparent le semis et la cueillette.

Nous voilà en compagnie d'un paresseux !
Appartenant à l'ordre des édentés, le paresseux est arboricole, se meut avec lenteur, et son pelage est rêche et humide en permanence. Il consomme les feuilles d'une centaines d'essances d'arbres. Il descend rarement au sol, sinon pour déféquer ou traverser les routes. Incapable de se tenir debout, il doit ramper, mais c'est un excellent nageur. Il a peut de prédateurs mis à part le harpie, les félins, le boa et l'homme. En Guyane, on connait deux espèces de paresseux :
> l'unau, dit paresseux 2 doigts, car il ne possède que deux griffes aux pattes avant
> l'aï, appelé "dos brulé" ou paresseux 3 doigts.
Sur la fourrure du paresseux, notamment l'unau, se développe une étrange algue verte. Si cette fantaisie ne lui donne pas le plus bel aspect, elle lui procure un camouflage admirable. Cette algue lui fournirait aussi les sels minéraux nécessaires à sa survie.

Essayez de trouver les parents Dagès...
Le résultat de toutes ces balades, de toutes nos rencontres depuis plus d'un an et demi.... c'est que nous sommes bien petits face à "mère nature".
08 octobre 2008
Qui a dit que la pêche était plus rentable que la chasse ?

C'est parti pour un week end chasse et pêche.
Ayant son permis bateau depuis peu, il faut pratiquer !
C'est pourquoi Michel met le père Dagès aux commandes de la coque alu. Pas mal, il s'en sort plutôt bien.
Le carbet de saut Mouche n'est plus très loin.

En effet, les hamacs installés, on peut aller se détendre dans la "salle de bain", prendre un petit verre.
Vous remarquez qu'en bon chasseur qu'il est, Michel ne quitte pas son fusil. A-t-il raison ? A-t-il tort ?
Sacré Michel ! Il avait bien raison de le garder puisque lors de la sortie chasse nocturne, notre tireur d'élite a eut un maïpouri (=tapir).
Le maïpouri est le plus gros mammifère terrestre d'Amérique du Sud. Il peut mesurer 2 mètres de longueur pour une hauteur au garot de 1,20 mètres. Son poids atteint parfois 250 kg. La femelle met au monde un seul petit tous les 18 mois.
Tout cela, l'amérindien, le chasseur amoureux de la nature, le sait. Il ne tue pas pour le simple fait de tuer. Il réfléchie, ne tuera pas une femelle, ne tuera pas s'il manque de place pour stocker la viande...

La pause photo.

Et on se met au boulot !
On coupe en quatre, on saigne, on nettoye.
Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine forêt primaire, alors on fait comme les amérindiens. C'est encore Michel qui nous montre comment ne pas gaspiller, ne pas gater la viande.

Après une bonne nuit, il est temps de repartir, le congélateur ne peut même pas fermer...
Il faut rentrer, s'occuper de la "bête" !

On termine le boulot à la maison. Encore une fois tout est mis de coté. Michel connait toujours quelqu'un pour récupérer tel ou tel morceau, la peau...ainsi il n'y a aucune perte.
Encore une fois une belle histoire de partage, de sensations, d'émotions et d'éducation.
18 avril 2008
Week end chasse et pêche : Acte 2 la journée type.

Le levé est paisible dans la forêt primaire.
Vous vous endormez avec des bruits de singes, et d'insectes en tout genre, vous faites de beaux rêves et le matin ce sont des singes araignés autrement appelés Kwata qui vous réveillent avec leur cri particulier.

Sa douche à peine prise, Magguy s'affaire en cuisine, pendant que d'autres sont partis pêcher et chasser.
Pour allumer un feu, quand on ne connait pas les bons bois a utiliser et que le coupe-coupe (= la machette) est, elle aussi partie à la chasse, il faut faire preuve d'imagination !
> un bon souffle et du papier hygiénique ! si si c'est vrai.

Pour partir à la chasse, mieux vaut être bien équipé !
> fusil, cartouches, c'est parti.

La chasse n'ayant pas était très fructueuse, on se rabat sur du poisson ! Très bon par ailleurs.
Du couac, des lentilles, du poisson...avec tout ça on devrait tenir.

Après une sieste, nous voilà à Takari Tanté où Magguy en profite pour faire un plouf. Chapeau Magguy parce que l'eau bougeait beaucoup, c'est un saut !

Pendant ce temps, le cours de botanique continu avec Michel. Cours sur l'encens, ses fruits et sa résine avec laquelle on fabrique les batonnets d'encens qu'on aime à faire bruler dans la maison.

Au retour de Takari, installation des filets.
Dis Robby, pas facile de démêler tout ce chantier !?

On rentre pour une petite pause.
Apéro, casse croûte, nous voilà repartis pour un tour nocturne sur le fleuve, voir s'il y a quelque chose a chasser.
Malheureusement, Michel tire un pac (=une sorte de gros rongeur), mais celui ci tombe à l'eau avant qu'on est pu le récupérer...
On voit un cabiaï, mais le temps de poser un pied sur la berge, il s'est mis à couvert.
Les caïmans étaient trop petits pour avoir vraiment à manger...

Pas de chance à la chasse mais la pêche a été plus que fructueuse, les frigos sont pleins, pleins d'Aymaras.
L'Aymara est un carnassier. Il peut atteindre 25 kg. Il a été retrouver un iguane entier, une autre fois, un petit boa (1m50) dans le ventre d'un Aymara. Ils sont dangeureux, s'ils ferment leur machoire...bein c'est trop tard !
Ce qu'il faut retenir d'une telle chasse, c'est l'adrénaline. Vous êtes dans une coque alu, il fait nuit, le vent souffle. Tout le monde est équipé d'une frontale et on balaye les berges avec. Le premier qui voit "des yeux" prévient Michel qui prend le relais. Toutes les frontales s'éteignent, il ne reste qu'une petite lumière celle de Michel, lequel arme son fusil. Robby, qui manoeuvre avance tout doucement. Michel vise et tire (ou pas).
Pendant tout ce temps votre coeur bat vite, très vite. Vous avez remarqué les yeux ! Mais quel est l'animal ? En avançant vous savez que c'est un caïman. De quelle taille est il ? Vous ne le voyez qu'au dernier moment. C'est tout à fait unique.

Après cette journée bien chargée en émotions, un petit bain et au lit, bercé par tant de bruits originaux, curieux et mélodieux.

